Il était couru d’avance à l’annonce de la mort de Ben Laden, qu’une foule de théories du complots, certaines plus fumeuses et délirantes que d’autres, allaient fleurir sur la toile, lieu si propice à leur développement.
En effet un certain trouble enveloppe cette affaire, et les choses sont relativement absconses. C’est là toute l’erreur des Etats-Unis, après la multitude de théories conspirationnistes déclenchées par le 11 septembre, de fournir un terreau si fertile aux complotistes en étant si vagues, comment se fait-il qu’ils ne l’aient pas prévu ?
Etats-Unis et théories du complot font de toute façon toujours bon ménage, tout comme juifs ou francs maçons d’ailleurs, sans parler des complots de religions ou pire extraterrestres.
Mais il suffit de regarder la construction basique et toujours systématique des théories du complot. Comment se fait-il qu’elles aient autant de succès ?
On nous ment.
Les théories du complot permettent d’apporter des réponses simples à des questions extrêmement compliquées, sont très séduisantes et prolifèrent à l’occasion d’événements traumatisants. Le problème étant que ce sont souvent des raisonnements inversés, « à qui profite le crime ? », il est facile de tirer de telles conclusions quand on prend les choses à l’envers.
Rappelons nous également l’affaire de l’assassinat de Kennedy, marquant l’implication de l’Etat comme désormais faisant part du complot. Il doit d’ailleurs s’inquiéter d’être bientôt découvert sur son île au milieu du pacifique avec Ben Laden et Michael Jackson fraîchement débarqués.
Les théories du complot ont toujours eu leurs adeptes mais on a le sentiment que dans une société qui va toujours plus vite, l’information comme le reste, les gens, perdus, sont à la recherche d’une sorte de vérité globalisante qui leur permettrait de rêver et de ne pas faire face aux réels problèmes d’une société compliquée où tout est imbriqué, ils veulent simplement un ou des coupables et ainsi l’espoir de pouvoir enfin changer ce monde qui les dépasse.
La psychologie sociale le démontre clairement : on aime sentir qu’on détient une vérité, un secret, c’est humain, c’est narcissique… cela prouve une capacité de réflexion et de doute que les autres naïfs n’ont pas en se plaçant au dessus d’eux. Hannah Arendt écrivait d’ailleurs « la fuite des masse devant la réalité est une condamnation du monde dans lequel elles sont contraintes de vire et ne peuvent subsister. »
Qui tire les ficelles ?
La gouvernance mondiale en est souvent l’aboutissement mais si l’on regarde l’histoire on s’aperçoit que tour à tour chaque nation a eu son ère de gloire, et sa puissance hégémonique, mais c’est en pratiquant le pouvoir qu’il s’use. La théorie selon laquelle les Etats-Unis gouverneraient le monde est d’ailleurs réfutée par Wallenstein. Souvent aussi pour les conplotistes les choses vont plus loin, nous serions manipulés par les élites secrètes internationales, franc-maçonnes généralement.
Des films tels que Zeitgeist (en trois volets), ou Loose Change, pour les plus connus, qui si l’ont s’attache à les décortiquer, s’aperçoit que le travail journalistique exigé par de supposés documentaires, n’est autre qu’une basique mécanique de la construction des théories du complot, la définition en est d’ailleurs sur le site Conspiracy Watch : le récit proposé s’affranchit des règles élémentaires du raisonnement scientifique, notamment en écartant systématiquement les éléments qui seraient de nature à le contredire ou – lorsqu’il consent à les examiner – en échouant à les réfuter de manière satisfaisante.
Quand à savoir avec certitude si Ben Laden est mort, je ne sais pas, et de toute façon cela ne fait pas une si grande différence, il était mort médiatiquement depuis longtemps déjà. A mon avis l’immersion de son corps est une énorme erreur de la part des Etats-Unis qui laisse effectivement un fort doute planer, ce n’est pas pour autant que je compte adhérer aux théories complotistes

